Groupe de prévention académique

SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL

 

 

LE BRUIT

dossier téléchargeable en pdf

La combinaison d’une exposition professionnelle au bruit et à certaines substances toxiques pour l’appareil auditif, augmenterait le risque de perte auditive, selon un rapport mis en ligne le 20 janvier 2010 par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (Osha).

La perte auditive causée par le bruit est une des principales maladies professionnelles en Europe, rappelle l’Osha. Pourtant, le bruit ne serait pas le seul facteur en cause. Les experts suspectent de plus en plus le rôle d’une exposition combinée à un niveau de bruit élevé et à des substances ototoxiques, c'est-à-dire capables d’affecter l’oreille interne ou le nerf auditif, telles que certains médicaments (antibiotiques, diurétiques), des solvants et des métaux lourds. Les secteurs les plus concernés par cette double exposition seraient notamment la construction, l’électricité, la distribution d’eau et de gaz ainsi que l’agriculture, d’après l’étude européenne sur les conditions de travail de 2007.

Ce rapport vise à dresser un panorama des connaissances dans ce domaine, incluant les outils de diagnostic utilisés ainsi qu’une vue d’ensemble des substances chimiques susceptibles de favoriser les pertes auditives, mais aussi à proposer de nouvelles actions et recherches.

Voir le site http://osha.europa.eu/fr/teaser/Noise_Ototoxic_Substances

Seuls 20,3% des Français considèrent que le bruit constitue un risque très élevé pour la santé. Néanmoins, 14,6% se disent gênés en permanence ou souvent par le bruit à leur travail ou à leur domicile, et 39,7% des actifs occupés jugent leur lieu de travail bruyant.
Selon le premier baromètre santé-environnement de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), réalisé dans le cadre du Plan national santé environnement 2004-2008 (PNSE), la principale gêne liée au bruit au domicile vient de la circulation routière (26,9%). Viennent ensuite les bruits de voisinage (22%), les deux roues (9,2%), les avions (5,3%) et les trains (2,8%).
«Les expositions au bruit au travail et au domicile se cumulent: les personnes qui travaillent dans un environnement bruyant vivent aussi plus souvent dans des logements collectifs exigus à proximité d’installations bruyantes», estime le baromètre.
Un peu plus du tiers des 6.007 personnes interrogées considèrent qu’il appartient à chacun de lutter contre le bruit

 

        1 Définitions & généralités

            1_1_Bruit

            1_2_Son

            1_3_Frequence   

            1.4 Le niveau sonore

            1.5 Échelle des décibels

            1.6 Les effets sur la santé

       2 Réglementation

            2.1 La Nouvelle Directive Bruit (NDB)

            2.2 Les différentes valeurs d'exposition

            2.3 Pourquoi une nouvelle directive

            2.4 Seuils limites d'exposition quotidiens

     3_Aspect_technique

            3.1 Comment procède t on pour effectuer une mesure du niveau sonore

                3.1.1_Mesure

                3.1.2_Procédure

             3.2 Les différents types de mesure

                3.2.1 Mesure instantanée simple

                3.2.2 Mesure sur une durée d'exposition

                3.2.3 Cartographie sonore d'un local

                3.2.4_Exposimétrie

                3.2.5 Temps de réverbération

       4_protection

            4.1 Hiérarchisation de la protection

               4.2 Ordre de grandeurs des gains possibles

               4.3 Traitement acoustique d'un local

               4.4 Les PICB Protection Individuelle Contre le Bruit

            5 Bibliographie

 

 

         1 Définitions & généralités 

        1.1 Un bruit est un phénomène acoustique qui provoque une sensation auditive désagréable ou gênante. 

        1.2 Un son est une vibration acoustique capable de se propager en milieux solide, liquide ou gazeux.

Exemple de vitesses de propagation :

    ã  dans l’air : 340 m/s (1 200 km/h),

    ã  dans l’eau : 1 425 m/s (5 100 km/h),

    ã  dans l’acier : 5 000 m/s (18 000 km/h).

       1.3 Une fréquence, encore appelée hauteur du son, est le nombre d’oscillations de la vibration acoustique en 1 seconde.

                    Elle s’exprime en Hertz. 

            (100 Hz = 100 oscillations / seconde) 

                  Exemple : le diapason donne la note La  à 440 Hz 

            Remarque : plus la fréquence est élevée, plus un son est aigu ; et inversement

                                     plus la fréquence est basse, plus le son est grave

         1.4 Un niveau sonore : il se mesure en décibels (dB), il existe plusieurs façons de mesurer un niveau sonore suivant le type de pondération.

                Pondération C : niveau sonore incluant les fréquences comprises entre 63 Hz & 8 000 Hz

               Pondération A : niveau sonore permettant de représenter la perception du son par l'oreille humaine en atténuant certaines fréquences ; notamment les très hautes (20 kHz) et très basses fréquences (20 Hz). L'oreille humaine se comporte comme un filtre qui coupe ou attenu certaines fréquences.

 

 Attention : la sensation sonore est caractérisée par une pression acoustique. Elle varie dans des proportions très importantes et de façon logarithmique en fonction de la stimulation. Cela signifie concrètement qu'une augmentation de 3dB correspond à un doublement du niveau sonore.

De même, deux machines émettent chacune 80 dB ne vont pas générer un niveau sonore de 160 dB mais 83 dB.

          1.5 L'échelle des décibels

 

Avion au décollage

130

Douloureux

 

Marteau-piqueur

120

Douloureux

Concert et discothèque

110

Risque de surdité

 

Baladeur à puissance maximum

100

Pénible

 

Moto

90

Pénible

Automobile

80

Fatigant

 

Aspirateur

70

Fatigant

 

Grand magasin

60

Supportable

Machine à laver

50

Agréable

 

Bureau tranquille

40

Agréable

Chambre à coucher

30

Agréable

 

Conversation à voix basse

20

Calme

 

Vent dans les arbres

10

Calme

 

Seuil d'audibilité

0

Calme

 

 
Effets au travail

Effets sur l'organisme

- perturbation de la communication

- difficultés de concentration

- gêne, fatigue

- nervosité, accidents

- faible rendement

- constriction des vaisseaux sanguins

- hypertension

- contraction musculaire

- anxiété et stress

- perturbation du sommeil

- bourdonnements

En 2003, près d'un tiers des salariés interrogés dans le cadre de l'enquête « SUMER 2002-2003 — Surveillance médicale des risques » étaient exposés à des nuisances sonores. Cette enquête souligne notamment que 6,8 % des salariés subissent pendant plus de 20 heures par semaine des bruits dépassant le seuil de 85 décibels A (db A) ou comportant des chocs ou impulsions (bruits dits nocifs), alors que 25 % des salariés sont soumis à d'autres bruits : bruits dépassant 85 db A, mais pendant moins de 20 heures par semaine, ainsi que tous les autres bruits gênants de niveau sonore inférieur.

Par ailleurs, selon un sondage Louis Harris effectué pour l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 67 % des actifs français et 75 % des Franciliens se disent gênés par le bruit sur leur lieu de travail. 89 % estiment que les entreprises devraient prendre des mesures pour les limiter (Face au risque no 336, 16 mai 2005).

Par ailleurs, une étude portant sur 8 600 travailleurs exposés au bruit et au monoxyde de carbone, réalisée par l'Université de Montréal, a établi un lien avec les pertes auditives. Hypothèse avancée : le monoxyde de carbone, en réduisant l'apport d'oxygène dans le sang, entraînerait une détérioration plus rapide des cellules sensorielles de l'oreille interne (Face au risque no 342, 27 juin 2005).

Effets réversibles

Ils sont nombreux ; variables selon les caractéristiques du bruit, selon l'individu, voire sa charge de travail ; non spécifiques, c'est-à-dire qu'ils peuvent être provoqués par d'autres causes isolées ou associées. En fait, le bruit constitue un facteur agressif parmi d'autres et il peut être difficile de déterminer ce dont il est directement et seul responsable.

Le bruit provoque indiscutablement un stress (état réactionnel d'un organisme soumis à l'action d'un excitant). Dans les formes mineures, il y aura céphalées, irritabilité, fatigue, gêne à la concentration, avec parfois agressivité ou anxiété.

On doit aussi rappeler que l'émission brutale d'un stimulus sonore entraîne une réaction de défense immédiate : l'individu tressaille, rentre la tête dans les épaules, tourne la tête, retient son souffle. La respiration reprend ensuite, plus profonde et plus lente.

Les effets physiologiques s'observent ainsi aux niveaux neuromusculaire (augmentation de la tonicité avec, quand cesse le bruit, une impression de détente et de confort) et neurovégétatif avec variations de la fréquence cardiaque, vasoconstriction périphérique, augmentation de la pression artérielle.

D'autres troubles fonctionnels ont été notés tels le ralentissement respiratoire.

Il faut également signaler les perturbations électroencéphalographiques et les effets du bruit sur le sommeil. L'exposition au bruit pendant le travail a des effets néfastes sur la qualité du sommeil.

Quant au comportement dans le travail, des enquêtes attirent l'attention sur le rôle du bruit comme facteur potentiel de risque pour la sécurité (perturbation de la concentration mentale, effet masque, gêne à la communication). Toutefois, les troubles imputés au bruit ne sont pas toujours en relation avec l'intensité. Il faut aussi tenir compte de la charge de travail et de la complexité des tâches. Le bruit perturbe les activités mentales. Et, si dans une tâche d'exécution automatique, il a peu d'influence, il retarde cependant la solution à apporter à un incident éventuel. Le bruit a une action certaine sur les temps d'adaptation et de réaction, d'où risques d'accidents corporels et plus souvent matériels.

Chez la femme enceinte, les bruits très intenses seraient nocifs pour le fœtus non seulement au niveau de l'oreille interne mais aussi pour la croissance. Certains considèrent cette nuisance comme un facteur de stress redoutable susceptible de perturber l'hémo-dynamique utéro-placentaire. L'étude théorique du risque, en l'absence de données expérimentales et épidémiologiques, propose de prendre des mesures conservatoires et de protéger l'oreille du fœtus en limitant le travail en milieu bruyant de la femme enceinte, particulièrement si le bruit est riche en basses fréquences (< 500 Hz) et ce durant les trois derniers mois de la grossesse (INRS ND 1756-137-89).

Plusieurs études montrent un lien entre l’exposition au bruit des trafics aérien et routier et les effets cardiovasculaires, eux-mêmes générés par la libération d’hormones de stress liée au bruit. Des chercheurs du consortium Hyena (Hypertension et exposition au bruit près des aéroports, étude pluridisciplinaire sur 4.861 personnes, financée par la Commission européenne) de 6 pays européens ont trouvé un lien entre l’exposition au bruit aérien et le taux de cortisol salivaire, marqueur des états de stress, grâce à une étude menée auprès d’un sous-groupe de 439 personnes. Pendant un jour, les chercheurs ont mesuré le taux de cortisol salivaire matin, midi et soir. Ils ont constaté une élévation de 6,07 nanomols par litre (nmol/l) du niveau de cortisol dans la salive du matin des femmes exposées à un niveau de bruit aérien supérieur à 60 décibels, soit une hausse de 34% par rapport aux femmes exposées à un bruit de niveau inférieur à 35 dB. La hausse de la concentration de cortisol a aussi varié selon que les femmes soient salariées ou retraitées. Aucune association n’a été faite entre niveaux de cortisol salivaire et bruit aérien chez les hommes. Exposure to aircraft noise and saliva cortisol in six European countries, Jenny Selander et al., Hyena consortium, Environmental health perspectives, en ligne le 20 juillet 2009.

Effets irréversibles

La conséquence la plus grave d'une exposition au bruit consiste dans l'installation d'une surdité professionnelle, atteinte d'autant plus insidieuse qu'elle ne se manifeste, le plus souvent, qu'après de longues années. Cependant, chez les travailleurs exposés à des bruits intenses et chez ceux qui présentent une fragilité de l'appareil auditif, une surdité grave peut s'installer en quelques semaines.

Les signes subjectifs de la surdité progressive évoluent habituellement en quatre stades.

Le premier stade est celui de la fatigue auditive. La prise de contact avec le bruit assourdissant d'un atelier entraîne souvent, dès le premier jour, une impression pénible. Le sujet éprouve des bourdonnements, une impression d'oreille ouatée. Il ressent une lassitude générale. A la sortie du travail, les bruits familiers lui semblent plus lointains, déformés, mais, après une période de repos auditif, l'audition redevient normale. Cependant, les mêmes phénomènes se reproduisent après une nouvelle exposition avec le même caractère transitoire.

Le deuxième stade est la période de latence. Au bout de quelques semaines, les troubles disparaissent ; il y a une sorte d'adaptation trompeuse à l'ambiance. En fait le sujet tolère une amputation de son audition car elle ne gêne pas sa vie professionnelle. La durée de cette période est fonction du degré de résistance de l'oreille et peut aller jusqu'à vingt ans et plus.

Le troisième stade est celui de la période de gêne. Le sujet continue à percevoir les conversations, mais elles sont affaiblies et déformées. Il n'entend plus les voix chuchotées. Il augmente le son de la radio ou de la télévision. Il comprend mal des voix riches en sons aigus comme celles des enfants et des femmes. Des acouphènes (bourdonnements ou sifflements) peuvent apparaître.

Le quatrième stade est celui de la surdité manifeste. L'interlocuteur doit s'approcher, forcer la voix. La participation de plusieurs interlocuteurs est pénible, car le sujet ne peut pas être aidé par une lecture labiale inconsciente. Progressivement, le sourd s'isole de l'environnement.

Les signes audiométriques sont révélés par l'examen qui met en évidence les déplacements du seuil de l'audition sur les différentes fréquences à un stade précoce. Il permet d'affirmer le diagnostic et, éventuellement, à un stade de lésions importantes, d'évaluer le handicap.

        2 Réglementation

        2.1 La Nouvelle Directive Bruit (NDB)

    Qu'est ce que la nouvelle directive bruit ?

            La Directive 2003/10/CE du parlement européen sur les agents physiques (bruit) concerne les prescriptions minimales de sécurité et santé relative à l'exposition des travailleurs aux risques dus au bruit. Cette nouvelle directive abaisse des seuils déjà existants.

         2.2 Les différentes valeurs d'exposition

 

seuil

paramètres

ancienne réglementation

nouvelle réglementation

Valeur d’exposition inférieure déclenchant l’action (VAI)

Exposition moyenne (Lex,8h)

85 dB(A)

80 dB(A)

Niveau de crête (Lp,c)

135 dB

135 dB

Valeur d’exposition supérieure déclenchant l’action (VAS)

Exposition moyenne (Lex,8h)

90 dB(A)

85 dB(A)

Niveau de crête (Lp,c)

140 dB

137 dB(C)

Valeur limite d’exposition (VLE en tenant compte des PICB )

Exposition moyenne (Lex,8h)

Aucune

87 dB(A)

Niveau de crête (Lp,c)

Aucune

140 dB(C)

 PICB : Protection Individuelle Contre le Bruit

Lex,8h : valeur donnée pour une durée d'exposition de 8 h. Ceci implique que l'on peut dépasser ces seuils, si la durée d'exposition diminue (voir tableau plus loin).

Lp,c : valeur maximum d'un bruit impulsionnel

 

Valeur d’exposition inférieure déclenchant l’action (VAI) :

Lorsque les travailleurs sont exposés à un niveau sonore supérieur ou égal à 80 dB(A), l'employeur met des protecteurs auditifs à la disposition des travailleurs, mais n'impose pas leur utilisation.

 

Valeur d’exposition supérieure déclenchant l’action (VAS) :

 Lorsque les travailleurs sont exposés à un niveau sonore supérieur ou égal à 85 dB(A), l'employeur fournir et imposer l'utilisation des protecteurs auditifs adéquats dans les lieux de travail concernés.

 

Valeur limite d’exposition (VLE en tenant compte des PICB ) :

La Valeur Limite d’Exposition (VLE) au bruit est la valeur d’exposition à ne pas dépasser pour qu’il y ait compatibilité avec la santé des travailleurs notamment avec la protection de l’ouïe. Elle est exprimée en dB(A) pour 8h de travail / jour. Cette valeur tient compte de l'atténuation fournie par la protection auditive portée par le travailleur. Cette valeur limite d'exposition est fixée à 87 dB(A) ; elle correspond au niveau d'exposition sonore toléré à l'intérieur de l'oreille sous la protection auditive.

             2.3 Pourquoi une nouvelle directive

    Cette directive est destinée à renforcer la protection des travailleurs contre les risques liés à l'exposition au bruit. Le risque bruit continue d'être, malgré la réglementation en vigueur depuis 1986, une source importante et croissante de maladie professionnelle. Cette maladie professionnelle est référencée n° 42 (Atteinte auditive provoquée par les bruits lésionnels) dans le tableau synthétisant toutes les maladies professionnelles. Il faut noter qu'en 2003 le bruit au travail est une nuisance qui touche trois salariés sur dix.

Cette directive est applicable depuis le 1er février 2006. Depuis cette date les employeurs et employés doivent se conformer aux nouvelles exigences.

Voir les articles R.4431-1 à 4437-4 du Code du Travail

           2.4 Seuils limites d'exposition quotidiens

Niveau sonore en dB(A)

Durée d'exposition maximale

Niveau sonore en dB(A)

Durée d'exposition maximale

80

8 h

100

5 min

83

4 h

104

2 min

86

2 h

108

45 s

89

1 h

110

29 s

92

30 min

115

9 s

95

15 min

117

5,7 s

98

7,5 min

120

2,9 s

 

 

 

 

 

 

    3 Aspect technique et mesure

          3.1 Comment procède t on pour effectuer une mesure du niveau sonore

                3.1.1 Mesure

    Si l'on veut effectuer une mesure dans les règles de l'art, il faut suivre l'arrêté du 19 juillet 2006 qui préconise une méthode se référant à la norme NF S 31-084 «Méthode de mesurage des niveaux d'exposition au bruit en milieu de travail». Attention, cet arrêté est prévu d’être modifier en décembre 2008. Il faut en plus disposer d'un agrément.

    On peut néanmoins enclencher une action de mesure en prenant soins de respecter quelques règles élémentaires, ce qui permet de s'affranchir de la procédure réglementaire assez lourde à mettre en place. Cette première action permet de se donner un ordre d'idée du niveau sonore, et permettra si nécessaire, d'enclencher la mesure dans les règles de l'art par un organisme agréé.

Voir Guide INRS ED 6035 "Evaluer et mesurer l'exposition professionnelle au bruit"

                 3.1.2 Procédure

    Avant chaque mesure, notez avec précision les conditions de mesure, prenons comme exemple une salle de restauration :

bullet     date et heure exacte de la mesure
bullet     pourcentage de remplissage de la salle ou nombre de personnes présentes
bullet     la ventilation fonctionne
bullet     toutes les portes et fenêtres sont fermées
bullet     lieu exact de la mesure dans le local, faire un plan ou prendre des photos

 

           3.2 Les différents types de mesure

                3.2.1 Mesure instantanée simple : exemple : niveau sonore d'un opérateur à son poste de travail :

bullet    réglez le sonomètre en position dB(A)
bullet    sélectionnez le bon calibre en fonction du bruit ambiant ex : 80-130 dB
bullet    positionnez le sonomètre au niveau des oreilles de l'opérateur
bullet    éloignez vous le plus possible du sonomètre (bras tendu) pour éviter que votre corps fasse écran et perturbe la propagation du son
bullet    relevez la valeur (Val(dB)). Cette valeur varie facilement dans des proportions de 1 à 3 dB, prenez la valeur moyenne.
bullet    demandez à l'opérateur une estimation de temps quotidien d'exposition à ce niveau sonore
bullet    convertissez ce temps en minute (temps(min))
bullet    calculez le niveau sonore (Valexp) ramené à une journée de 8 h (480 min) en utilisant la formule suivante :

Formule :

 

voir fichier Excel de transformation de la mesure Valexp

bulletcomparez cette valeur aux valeurs préconisées par la réglementation V.A.I. ou V.A.S..

  Autres outils informatiques :

voir fichier de l'INRS "Estimation de la protection réelle des protecteurs individuels contre le bruit (PICB)"

voir fichier de l'INRS "Estimation de l’exposition quotidienne à partir de plusieurs tâches ou phases d’exposition (Lex, 8h)"

 

                3.2.2 Mesure sur une durée d'exposition :

Mesure du niveau sonore pendant toute la durée d'exposition de l'opérateur

Pour cela il faut un sonomètre avec une carte d'acquisition. Cet enregistrement permet d'avoir un relevé du niveau sonore pendant toute la durée d'exposition de l'operateur.

Exemple d'un relevé lors de la découpe d'une pièce de bois en trois passes sur une scie circulaire.

 

Le logiciel fourni avec, permet de calculer les valeurs moyennes et les valeurs extrémales sur une période choisie.

  

        Synthèse des mesures :

Ces mesures permettent de se donner une idée, si l'on met ou non en danger sa santé par rapport aux seuils fixés par la réglementation.

On peut dans certains cas dépasser un niveau sonore de 80 dB sans pour autant mettre en danger sa santé, à condition de limiter son temps d'exposition. Le tableau ch 2.4 donne ces durées maximales d'exposition.

   

                3.2.3 Cartographie

 

Une cartographie du bruit consiste à réaliser des mesures de bruit sur toute la surface d'un local. Pour cela, un maillage de chaque atelier est réalisé et des mesures sont effectuées à chaque endroit défini. La mesure doit se faire à hauteur d'oreille. De cette manière il est possible d'identifier et de délimiter les zones bruyantes. Cette étude a été en outre complétée par des mesures directement aux postes de travail des salariés afin de connaître exactement les niveaux de bruit perçus et ainsi de pouvoir tirer des conclusions au cas par cas.

 

Exemple de cartographie :

ou

                3.2.4 Exposimétrie

 

    Dans les certains ateliers, le caractère très fluctuant du bruit rencontré génère une impossibilité d'effectuer des cartographies des niveaux de bruits par zones géographiques.

    La difficulté croit encore lorsque l'individu effectue une multitude d'activité différente sur des sites différents.

Comment connaitre le degré d'exposition de chaque individu à la nuisance sonore dans ces cas ?

 

    La solution passe par l'exposimétrie. Elle consiste à fixer sur l'opérateur, un enregistreur qui va réaliser une acquisition du niveau sonore pendant une durée choisie.

    Ces enregistrements permettent d'évaluer le niveau sonore ambiant auquel est soumis chaque salarié, c'est-à-dire celui qu'il émet lui-même du fait de son activité mais aussi celui émis par tous les collègues à proximité dans son environnement de travail.

    Un traitement informatique de l'acquisition permet de repérer les phases ou l'individu est plus ou moins exposé. Ainsi, on pourra prévoir en fonction de ces relevés des systèmes de protection collective contre le bruit ou si le port de protections individuelles auditives est inutile, conseillé ou indispensable.

 

                3.2.5 Le temps de réverbération

 

Définition : c'est le temps que met le son pour décroître de 60 dB. Plus le matériau absorbe, plus le temps de réverbération (TR) baisse. Le TR est ce que l’on appelle vulgairement l’écho Obtenir un faible TR permet d’obtenir de l’intelligibilité à faible distance et un confort de parole et d’écoute (pas besoin de hurler). C’est un critère qualitatif qui donne cette sensation d’ambiance sonore calme.

 

Règlementation : L'Arrêté du 25 avril 2003 définit des TR à respecter :

bullet Local < 250m3 :  0,4 ≤ Tr ≤ 0,8 s.
bullet Local > 250 m3 : 0,6 ≤ Tr ≤ 1,2 s
bullet Salle de restauration > 250 m3 : Tr ≤ 1,2 s
bullet Ateliers : voir Arrêté du 30/08/1990

 Explication de l'arrêté du 25 avril 2003 : voir circulaire du 25 avril 2003.

Mesure :

Pour mesurer un temps de réverbération, il faut générer une impulsion sonore et enregistrer "l'écho". Le temps se réverbération se déduit de l'enregistrement comme indiqué dans la définition.

 

Exemple : mesure du TR pour une fréquence de 4 000 Hz dans un hall d'un établissement scolaire. L'impulsion sonore a été générée par un pistolet avec un tir à blanc. Cette impulsion est de 115 dB. L'atténuation de 60 dB est atteinte d'après la courbe au bout de 1,73 s. On dit alors que le TR pour 4 000 Hz est de 1,73 s. Cette valeur de 4 000 Hz est un choix arbitraire. Le logiciel de traitement du signal permet de calculer les TR sur une large plage de fréquence.

 

Ces différents calculs permettent de connaitre le TR pour toutes les fréquences du champ audible. Ainsi on peut aussi extraire du logiciel le diagramme suivant : temps de réverbération en fonction de la fréquence.

 

 

Cette courbe permettra de choisir correctement le traitement acoustique du local (voir chapitre traitement acoustique)

 

    4 La protection

            4.1 Hiérarchisation de la prévention :

 

        

 

1 : Réduction à la source : inclure dans le critère de choix d'un équipement ou d'une machine le niveau sonore

        2 : Encoffrement : génère souvent de grosses contraintes :

                - machine quasiment invisible par l'opérateur

                - il faut déporter toutes les commandes vers un autre poste de commande

                - maintenance de la machine moins facile

          3 : Découplage antivibratile : il consiste à monter la machine sur des sortes de sillent blocs pour éviter la propagation par le sol des vibrations et donc du bruit. Le constructeur mentionne souvent des consignes concernant la fixation au sol de certaines machines dans le guide d'installation. Ne pas respecter ces consignes, est souvent générateur de bruit.

           4 : Traitement acoustique : en fonction du niveau d'atténuation souhaité, il faut installer une certaine surface de panneau absorbant sur le plafond et les murs. Ces panneaux sont souvent placés au plafond pour des raisons de fragilité. Pour en savoir plus voir chapitre traitement acoustique.

           5 : Écran : il existe de nombreux écrans adaptés à tout type d'activité comme des claustras dans les salles de restauration. A savoir qu'une belle plante verte dans une salle est un élément très efficace pour atténuer quelques décibels.

           6 : Cabine : génère souvent des contraintes importantes comme l'encoffrement. On retrouve ce type de protection dans un certain nombre d'atelier pédagogique dans nos établissements. Les enseignants se retranchent dans "l'aquarium" dans les moments de non face à face pédagogique. Ce lieu leur sert aussi de bureau.

        7 : Éloignement : il est bon de savoir qu'en extérieur le niveau sonore diminue de 6 dB par doublement de la distance. Attention, cette règle n'est pas valable dans un local où le son va réverbérer sur les parois.

 

                           

            8 : Protection individuelle : PICB Protection Individuelle Contre le Bruit. Il existe de nombreux modèles de PICB, du simple bouchon jetable au casque anti bruit en passant par les bouchons moulés. Les fournisseurs sont les suivants : liste non exhaustive. Il faut privilégier le confort de l'opérateur. Une protection non portée quelques minutes par jour réduit considérablement l'efficacité (voir tableau plus loin).

             9 : Réduction du temps d’exposition : limiter son temps d'exposition en se référant au tableau ci dessus " Seuils limites d'exposition quotidienne". Attention, les valeurs de ce tableau sont données pour une exposition sans PICB.

                                

             4.2 Ordre de grandeur des gains possibles

                    - encoffrements, capotages : 10 à 30 dB(A)

                    - traitement acoustique du local 8 dB(A)

                    - isolement antivibratile 2 à 5 dB(A)

                    - écrans, claustras 5 dB(A)

                    - protections individuelles 5 à 25 dB(A)

  

            4.3 Traitement acoustique d'un local

    Si l'on fait le choix d'un traitement acoustique d'un local en installant des panneaux absorbants, il faut savoir que chaque panneau a des propriétés absorbantes différentes.

    Les deux critères majeurs qu'il faut prendre en compte sont :

bullet le niveau d'atténuation souhaité
bullet la fréquence qu'il faut absorber

 

Le niveau d'atténuation souhaité :

Les fournisseurs proposent des règles de calcul qui déterminent la surface de panneaux à installer en fonction de l'atténuation désirer. Ces panneaux peuvent se poser à plat au plafond, ou suspendu. C'est la surface installée qui compte.

 

La fréquence qu'il faut absorber :

Il faut savoir quelle est la fréquence la plus réverbérant. C'est l'étude du temps de réverbération qui va nous donner cette fréquence. Il suffit ensuite de consulter le diagramme : temps de réverbération en fonction de la fréquence.

 

Exemple pour cette analyse : il faut axer un matériau qui a un pouvoir absorbant maximum autour de 125 à 500 Hz.

Voir documents de synthèse proposés par eurocoustic.com concernant :

- acoustique dans les établissements scolaires

- acoustique dans les bureaux

- absorptions acoustiques

Voir aussi le site internet de http://www.gamba-logicielacoustique.fr/

Voir Brochure INRS ED6103 " Traitement acoustique des locaux de travail"

  

             4.4 Les PICB

Il existe plusieurs sortes de PICB :

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casque enveloppant

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serre-tête

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serre-nuque

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bouchons d'oreille moulés

 

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Voir les PICB contre le bruit impulsionnel : http://www.dbstop.com/FicheSociete.phc?idFournisseur=1744

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Voir le site http://www.expertsdurisque.com/annuaire/site/FR/Dossiers_produits/Dossiers_PRP/Protections_individuelles_contre_le_bruit,I1148.htm

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Voir site http://www.epi3d.fr/

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Voir site Cotral

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Voir brochure INRS ED 868 "Les équipements de protection individuelle de l'ouie"

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Voir brochure INRS ND 2295 "Affaiblissement acoustique des PICB"

 

            5 Bibliographie

Brochure INRS ED 5028 Février 2005 "Bruit et agents ototoxiques"

Brochure INRS ED 6020 "Moins fort le bruit"

Brochure INRS ED 6035 " Evaluer et mesurer l'exposition professionnelle au bruit"

Brochure INRS ED6103 " Traitement acoustique des locaux de travail"

Brochure INRS ED 962 "Techniques de réduction de bruit en entreprise - Quelles solutions, comment choisir"

Brochure INRS ED 997 "Techniques de réduction de bruit en entreprise - Exemples de réalisation"

Voir site internet INRS

 

 

 

 

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Dernière modification : 09 December 2009.